Fugazi, un saxophone et une rencontre improbable
Que se passe-t-il lorsque deux anciens membres de Fugazi, un guitariste de la scène expérimentale de Washington et l’un des saxophonistes les plus singuliers du jazz contemporain se retrouvent sur une même scène ? Une rencontre improbable devenue, au fil des concerts, un véritable groupe. De Washington DC aux grandes scènes internationales, l’histoire de The Messthetics & James Brandon Lewis est avant tout celle de quatre musiciens qui ont appris à faire musique commune, entre énergie punk, improvisation et liberté.
Tout commence à Washington DC, dans les années 1980. Joe Lally et Brendan Canty deviennent respectivement bassiste et batteur de Fugazi, groupe emblématique de la scène post-hardcore américaine. Pendant près de quinze ans, leur basse et leur batterie vont contribuer à façonner un son aussi puissant qu'inclassable, avant que le groupe ne se mette en pause en 2003.
Quelques années plus tard, les deux musiciens se retrouvent autour d’un nouveau projet. Ils font équipe avec Anthony Pirog, guitariste et improvisateur bien connu de la scène expérimentale de Washington. En 2016 naissent ainsi The Messthetics. Un trio instrumental qui conserve quelque chose de l’énergie brute de Fugazi, mais ouvre largement les portes à l’improvisation, aux textures et aux expérimentations.
Puis arrive James Brandon Lewis.
Originaire de Buffalo, le saxophoniste a notamment étudié à la prestigieuse Howard University, à Washington DC, avant de s'imposer comme l'une des voix singulières du jazz contemporain. Son jeu, nourri autant par le gospel et le blues que par le free jazz et la Great Black Music, est à la fois puissant, lyrique et profondément physique.
Lewis et Pirog se connaissent déjà. Ils ont eu l’occasion de jouer ensemble et entretiennent une relation musicale qui va naturellement conduire à une première rencontre avec The Messthetics. En 2019, James Brandon Lewis rejoint le trio pour quelques concerts.
La rencontre devait être ponctuelle. Elle ne le sera pas.
Le courant passe entre les quatre musiciens et une nouvelle histoire commence. Celle d’un groupe qui ne cherche pas à juxtaposer le jazz d’un côté et le post-punk de l’autre, mais à inventer un langage commun. La basse et la batterie de deux anciens membres de Fugazi offrent une assise terriblement physique, tandis que la guitare d’Anthony Pirog et le saxophone de James Brandon Lewis ouvrent sans cesse de nouvelles directions.
En 2024 paraît un premier album sous le nom de The Messthetics and James Brandon Lewis, chez Impulse! Records. En studio, les quatre musiciens disposent de peu de temps pour travailler ensemble : deux jours d’enregistrement et une seule journée de répétition. Mais c’est surtout sur scène que le projet va véritablement prendre forme.
Au cours de l’année qui suit, le groupe enchaîne près de 150 concerts. Une longue tournée qui permet aux quatre musiciens de développer une complicité et un langage commun, concert après concert. L’improvisation devient alors moins une prise de risque qu’une manière naturelle de communiquer.
En 2026, The Messthetics & James Brandon Lewis reviennent avec un nouvel album, Deface the Currency. Cette fois, les quatre musiciens se connaissent intimement. Ils savent quand accélérer, quand laisser respirer la musique, quand suivre une idée et quand la faire exploser.
L’histoire est finalement assez simple : deux anciens membres de Fugazi, un guitariste issu de la scène expérimentale de Washington et un saxophoniste de la nouvelle génération du jazz américain se rencontrent. Ils jouent ensemble. Ils prennent la route. Et, près de 150 concerts plus tard, ils forment un véritable groupe.
Une rencontre improbable sur le papier, devenue une évidence sur scène.
The Messthetics & James Brandon Lewis
Ven. 30 octobre à 20h au Bateau Ivre