Des Étoiles Plein Les Oreilles avec le collectif Sale Défaite
Il y a un peu plus d’un mois commençait la féerique aventure des 6èmeE du Collège Simone Veil de Neuillé-Pont-Pierre, accompagné·es de leurs enseignantes de Français, de Documentation et d’Éducation Musicale, ainsi que des artistes du collectif Sale Défaite.
À la découverte du spectacle « B-N au commencement, je ne sais plus… » dans lequel B-N (aka Blanche-neige) en a marre d’être traitée de sotte et exploitée par des nains, et où le Prince fait des crises d’angoisse à l’idée de décevoir son père s’il ne trouve pas la princesse parfaite, les enseignantes, touchées par ces personnages en lutte contre ces pressions sociales, ont posé la question aux élèves : ces injonctions vous parlent-elles et comment pourrions-nous les réécrire ?
Pour y répondre, l’ensemble de la troupe (élèves, enseignantes, artistes) s'est donnée des forces en se nourrissant de recherches menées par Auriane (comédienne) et Martin (comédienne) sur la notion des « codes de genre » dans la culture populaire, et plus précisément dans les contes. Ensemble, iels ont observé les ouvrages, bandes dessinées, animés et dessins animés de leur quotidien, tout en questionnant leur perception de ce que "être une fille" ou "être un garçon" signifiait pour elleux. L’état des lieux est éloquent : tout le monde a les mêmes codes, car ils sont PARTOUT, TOUT LE TEMPS, PAREILS ! Sans pour autant correspondre aux réels désirs de chacun·e, ce qui les rend étroits et peu représentatifs.
Ainsi, iels se sont enfermé·es au CDI et en salle de musique pendant une semaine et se sont donné·es la mission d'enquêter sur l'affaire Blanche-neige et de révéler sa VRAIE histoire au grand public, sous la forme d’une chanson (ou plutôt, d’un *banger*) en suivant le même procédé de création que le spectacle du collectif. Les élèves ont découpé le conte en sept saynètes, réparties en groupe de trois à quatre, pour un travail de réécriture en petit comité. Ici, tout est permis, et plus encore, le plus fantasque est vivement encouragé !
Pour libérer les esprits créatifs de leur enveloppe corporelle d’élèves sages et discipliné·es, Martin leur a fait pratiquer des exercices d’interprétations théâtrales impliquant le corps et la voix, par exemple des combats au ralenti où les visages se déforment jusqu'à devenir élastiques et où tous les coups sont permis (de nouveau).
En parallèle, Théo (musicien) réalisa plusieurs bandes-son composées de boucles mélodiques et rythmiques, superposées les unes aux autres, dans une esthétique électronique. Il soumit différents assemblages aux élèves pour qu’iels choisissent le socle de leur morceau et une fois sélectionné, les élèves retournèrent au grattage de leurs textes, laissant libre cours à leur fantaisie (enfin libérée) où les hauts devinrent des bas, les lutins des géants, Blanche-neige une déesse verte, la belle-mère un plat de résistance… Enfin bref, un feu d’artifice de loufoquerie !
Après s'être amusé·es avec les vers et maintes réductions de texte, les élèves sont arrivé·es à leur version finale et ont expérimenté des interprétations slamées et chantées de leurs écrits, jusqu’à sélectionner la méthode qui leur convenait le mieux.
Le travail de répétition et d’enregistrement s’effectuant à tour de rôle, les élèves ont même eu le temps d’illustrer leurs textes et de constituer le livret de leur composition ! Les parties du conte furent enregistrées, le refrain et le titre trouvé en chœur et c’est ainsi que le jeudi 29 janvier à 16h47, s’achevait l’assemblage de toutes les parties de ce chef-d'œuvre !
Le lendemain, les élèves furent invité·es au Temps Machine pour découvrir ses salles, son matériel technique, ainsi que les étapes nécessaires à la programmation d'artistes. Puis iels se sont dirigé·es au Petit faucheux pour découvrir les missions des SMAc et les métiers des super-héro·ïnes qui les réalisent, ainsi que le fameux spectacle « BN au commencement, je ne sais plus… » du collectif.
Leur création a été diffusée à la fin des deux représentations du spectacle, suivi d'un échange avec les publics (scolaires et adultes) animé de l’historique de leur aventure. Depuis ce jour, « Les vingt-quatre remixeurs remixeuses de BN » trépigne dans les têtes de celleux qui l’ont découvert et la vérité est enfin rétablie !
Serez-vous à même de la découvrir ?
Texte et photos © Clara Tozzi