Du 01 septembre au 31 décembre 2018

Fidel Fourneyron, artiste associé

Interview réalisée en juin 2018 par Françoise Dupas

FD : Depuis 2014 je note que ta carrière connaît une accélération assez fulgurante entre tes projets personnels (Un Poco Loco, ton solo, Animal, ¿ Que Vola ?), les diverses sollicitations (ONJ, projets avec des collectifs de musiciens comme Coax, Umlaut, Tricollectif…) et les interventions pédagogiques (la fanfare du Carreau, Mechouia…). Avec un peu de recul, quel est ton regard sur ces cinq dernières années ? 

FF : Avant 2014 j’ai joué dans énormément de groupes mais je n’avais pas osé lancer mes propres formations. En rentrant dans l’ONJ j’ai réalisé que je pouvais faire de la musique différemment en menant à bien et en défendant mes propres envies musicales, tout d’abord avec Un Poco Loco (aidé par l’ONJ à ses débuts, puis par Jazz Migration), et petit à petit en créant d’autres formes.
Je me sens beaucoup plus épanoui dans cette nouvelle façon de travailler ! Petit à petit une relation de confiance s’installe avec les musiciens, les professionnels et le public, et j’ai en ce moment les opportunités de mener à bien des choses que je n’aurais pas oser rêver il y a 5 ans… Mais il faut trouver du temps pour jouer dans les groupes des autres, c’est ça aussi qui nourrit l’imaginaire musicien.
Je trouve de l’énergie en essayant de créer des univers les plus différents possibles, de me remettre en question et de me surprendre. Donc oui, ça demande pas mal de travail, mais beaucoup de plaisir et d’excitation, pourvu que ça dure !

FD : Sur ce dernier trimestre, nous allons te voir sur la scène du Petit faucheux avec Animal et avec l’ONJ. À part cela, parle nous des choses moins visibles de ton implication au Petit faucheux ? 

FF : Etre artiste associé au Petit faucheux, c’est aussi une excellente opportunité pour voir l’envers du décor : l’idée est excellente de votre part de m’intégrer à la vie quotidienne du lieu : en participant au conseil d’administration je vais découvrir quels sont les problématiques d’un lieu de diffusion, mal connues des musiciens (en tout cas pour ma part) ; à l’occasion je me transforme en programmateur en choisissant les groupes avec qui je partagerai la scène lors des concerts de mes formations, ce qui est beaucoup plus difficile que ce que je pensais !
C’est aussi l’occasion de collaborer un maximum avec les gens qui font vivre la musique dans la région (professionnels, amateurs, jeune public…) en travaillant sur le long terme avec une vraie réflexion, il y a beaucoup de choses à imaginer.

FD : Durant ces deux ans, le Petit faucheux va tout mettre en œuvre pour réaliser tes souhaits musicaux. Quel serait ton rêve le plus fou de rencontre musicale ?

FF : Un groupe avec Bill Frisell ! Et plein de percussions ! 

FD : Y a-t-il d’autres disciplines avec lesquelles tu aimerais te frotter, des choses jamais encore réalisées ? 

FF : Nous commençons à travailler ensemble sur un projet top secret dans lequel je voudrais collaborer avec quelqu’un autour de la langue et du texte, chose assez nouvelle pour moi.
J’aimerais bien travailler avec un cinéaste, écrire la musique d’un film me plairait bien ! 
Et j’ai assez peu joué avec des danseurs, ça fait partie aussi de mes envies…

FD : Ta dernière claque prise en concert et les disques que tu écoutes en boucle en ce moment ?

FF : J’ai participé récemment à la création d’une pièce de Jean-Luc Guionnet pour le Umlaut Big Band, et j’ai trouvé ça vraiment épatant ! Je suis vraiment admiratif du travail de Jean-Luc Guionnet.
Et sinon, les disques qui tournent pas mal chez moi en ce moment : Ahmed (Pat Thomas/Joel Grip/Antonin Gerbal), Los Muñequitos de Matanzas – Live in New York, une petite période Sahib Shihab aussi, et plein d’autre choses…

http://www.fidelfourneyron.fr/
https://www.facebook.com/FidelFourneyron
Chronique Fidel Fourneyron « Animal » -> Citizen Jazz

DES PROPOSITIONS DE PROGRAMMATION :

ANIMAL : F. FOURNEYRON / J. FLORENT / S. DARRIFOURCQ
+ BENJAMIN DOUSTEYSSIER « I, EYE, AYE »