Annulé

Festival Ecoute/Voir : Lisbeth Gruwez & Maarten Van Cauwenberghe « Its going to get worse and worse and worse my friend »

samedi 16 janvier 19h00

Théâtre Olympia

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: 16€ / 12€

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Lisbeth Gruwez & Maarten Van Cauwenberghe / Voetvolk
« Its going to get worse and worse and worse my friend »

Concept, chorégraphie & performance : Lisbeth Gruwez
Composition, sound design & assistant : Maarten Van Cauwenberghe
Costume : Veronique Branquinho
Conseiller artistique : Bart Meuleman
Lumières : Harry Cole & Caroline Mathieu

Co-accueil avec le Théâtre Olympia
Durée : 50 minutes

« Ça va empirer et pire encore, mon ami ! », soyez-en averti. Lisbeth Gruwez et Maarten Van Cauwenberghe, signent ici un solo d’une puissance rare. Incorporant les gestes du pouvoir et du diktat des grands orateurs, Lisbeth Gruwez nous hypnotise par la force du leader, celui qui entraîne les révolutions et les guerres, celui qui fait croire à l’incroyable, celui qui exhorte à agir pour le bien ou pour le mal. Le discours est une arme puissante mais le corps au service de ce discours certainement encore plus. Plus la pièce se déroule sous nos yeux, plus la virtuosité se fait jour et magnétise nos sens. Captivant !
Site Voetvolk

Production : Voetvolk vzw
Coproduction : Grand Theater Groningen, Troubleyn | Jan Fabre, Theater Im Pumpenhaus & AndWhatBeside(s)Death

Dans ce spectacle qui tourne dans le monde entier depuis 2012, Lisbeth Gruwez, la danseuse fétiche de Jan Fabre, développe son propre vocabulaire chorégraphique. Elle s’y inspire de la gestuelle des politiciens et grands tribuns qui galvanisent les foules, délivrant messages de paix ou déclarations de guerre. Elle revêt les « habits de l’orateur » et traduit en mouvement des fragments de discours.

Entre la bande son où l’on peut reconnaître les paroles du télévangéliste américain ultraconservateur Jimmy Swaggart et la formidable présence de la chorégraphe-interprète se tisse une étrange danse, entre symbiose et mise à distance.

Les mots dévoilent petit à petit leur nature profonde et on comprend alors la violence qui les sous-tend. Un spectacle époustouflant, qui dénonce la manipulation langagière en se glissant dans la peau de l’ennemi pour lui arracher son masque.

Le discours peut être une arme puissante. Au travers des siècles, les discours ont enthousiasmé d’innombrables foules et les ont poussées à agir, pour le bien comme pour le mal. Ils ont entrainé les révolutions et alimenté les guerres. Uniquement grâce au pouvoir de la parole. Mais un discours n’enthousiasme pas seulement les auditeurs, il transporte aussi souvent l’orateur dans un état de transe. Il se perd alors dans un courant de mots, dans une locution obsessive, esthétique. Le pouvoir des discours a souvent dépendu de cet état de transe de l’orateur.

Dans It’s going to get worse and worse and worse, my friend, Lisbeth Gruwez danse cette transe de l’extase du discours. Pour ce faire, elle a utilisé des fragments de discours du télévangéliste ultraconservateur américain Jimmy Swaggart. Initialement, le discours est amical et pacifique, mais dans un désir compulsif de persuader transparait un désespoir grandissant qui montre alors sa plus profonde nature: la violence.

It’s going to get worse and worse and worse, my friend (2012) est le premier épisode du Lisbeth Gruwez’ triptyque du corps extatique, complété plus tôt déjà avec AH/HA (2014) et We’re pretty fuckin’ far from okay (2016).

Car je ne peux ignorer le mal qui se propage sur le muscle de la langue. Je ne peux ignorer la langue mauvaise et viciée. Car je ne peux ignorer que j’y mets tout le mal de moi. Car je ne vis pas sans ignorer ce qui de moi est mal. Car je ne peux ignorer que je transforme le plomb en mot. Car je n’ignore pas qu’on se prend dans les mots que j’assemble. Car je n’ignore pas que le mal souhaite y voir le mal et je n’ignore pas sa méprise. Car je n’ignore pas que le mal tient au plomb de ma langue.

Amandine André.
Extrait Imprécation in De la destruction. editions Al Dante.


VOETVOLK

Voetvolk (‘infanterie’ en néerlandais) est un groupe de danse contemporaine et de performance, fondé en 2007 par la danseuse/chorégraphe Lisbeth Gruwez et le compositeur/musicien Maarten Van Cauwenberghe, qui se sont connus dans le laboratoire de Jan Fabre. Le duo a déjà réalisé dix spectacles, dont It’s going to get worse and worse and worse, my friend, AH/HA, We’re pretty fuckin’ far from okay, Lisbeth Gruwez dances Bob Dylan et The Sea Within.

L’œuvre de Voetvolk est déterminée dans une large mesure par l’improvisation, les éléments de représentation, une imagination visuelle détaillée, ainsi que par une conversation continue entre les mouvements corporels et auditifs : Lisbeth Gruwez et Maarten Van Cauwenberghe se dirigent mutuellement afin de réaliser une symbiose entre l’auditif et le visuel/physique. Leurs spectacles ont déjà parcouru la moitié du monde, et ont été nominés à différents festivals, tels que, notamment, le festival d’Avigon, Julidans, Tanz im August, Dance Umbrella, et à la Biennale de Venise.

Voetvolk est compagnie en résidence à KVS (Théâtre royal flamand), kc NONA et le musée royal des beaux-arts d’Anvers et artiste associé au Quartz – Scène nationale de Brest et Theater Freiburg.

Picto fauteuil avec aide
Picto malentendants

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